Eglise Orthodoxe d'Avignon

Paroisse Saint Côme et Saint Damien

CHŒUR LITURGIQUE

CHŒUR LITURGIQUE : Ornement ou Sacerdoce Royal ?

Coeur Liturgique

Il nous est parfois demandé la raison pour laquelle il n’y a point d’instruments de musique dans l’Eglise Orthodoxe pour accompagner les chants. L’explication se trouve dans le fait que pour le chrétien orthodoxe, dès lors que le Christ, par sa mort et sa Résurrection, a rétabli l’ancienne dignité de l’homme d’avant sa chute, il n’est plus besoin d’aucun artifice (en l’occurrence l’instrument de musique) pour chanter et glorifier Dieu au sein de la Liturgie.

Cette tradition de l’Eglise Orthodoxe ne provient donc ni d’un choix esthétique ni d’un choix rituel ou ethnique, mais manifeste profondément notre foi en la Résurrection du Christ et en notre propre Résurrection. C’est pourquoi il est important que ce qui est chanté soit audible et compréhensible par l’Assemblée : c’est la mélodie qui doit porter et être au service des paroles, et le chant tout entier doit aider, sans artifice, l’Assemblée à prier. Il faut souligner que le Chœur dans la Liturgie Orthodoxe n’est pas un accessoire ornemental mais qu’il fait partie de la Liturgie, où s’effectue la sanctification de tous nos sens.

En effet, de même que la contemplation des icônes sanctifie notre vue, que l’encens sanctifie notre odorat, que nos prosternations sanctifient notre toucher, de même le chant liturgique sanctifie notre ouïe. C’est dire la responsabilité ecclésiale qui incombe à toute personne demandant à faire partie du chœur. Mais cette responsabilité implique une double charge technique mais aussi spirituelle. Charge technique par la nécessité qu’il y a d’acquérir et d’entretenir une certaine technicité et cela par le travail.

C’est là le rôle des répétitions régulières demandant patience, effort et donc une « petite mort à soi-même » lorsqu’il s’agit de prendre sur son temps de loisir ou de repos, souvent après une journée de travail et de fatigue.

Cette technicité ne serait rien sans une certaine connaissance des textes et surtout sans la prière : chanter dans le chœur doit impliquer chez chaque choriste le souci de la transmission spirituelle de ce qui est chanté, condition que seule la prière peut accomplir. Il est donc très important que les choristes prient en chantant afin que s’établisse la communion en esprit de toute l’Eglise. Ainsi le chœur liturgique est un service continu de l’Eglise dans lequel chacun est libre de s’engager ou de ne pas s’engager, et cela en fonction de ses possibilités et se son charisme. Mais dès lors que nous choisissons ce service, notre individualisme et même, il est vrai, une partie de notre liberté devraient s’effacer quelque peu devant notre engagement qui ne peut plus être occasionnel et fluctuant, sauf raison majeure évidemment. Et finalement, assumer la responsabilité de choriste dans notre Eglise, n’est ce pas aussi manifester d’une certaine façon le « Sacerdoce Royal » auquel tout chrétien est appelé dès le jour de son baptême ?

 

Jean BAUMANN